L'arthrose du Poignet



De quoi s’agit-il ?

L'Arthrose désigne une maladie articulaire dégénérative du cartilage, c'est à dire une usure de l’articulation due au vieillissement et à la destruction du cartilage articulaire.

Au niveau du poignet, l'usure du cartilage peut intervenir à différents niveaux, et fait suite le plus souvent à soit un traumatisme ligamentaire ancien ( en général traumatisme du ligament scapho-lunaire), soit à une ancienne fracture d'un os du carpe, tel le scaphoide, ou de l'extrémité inférieure du radius non ou mal consolidée.


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Arthrose radio-carpienne post traumatique, sur séquelles de fracture de l'extrémité distale du radius



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Arthrose radio-carpienne, sur séquelle de fracture du scaphoide (à gauche), ou séquelle d'entorse scapho-lunaire grave ( à droite)



Il existe également des pathologies générales, telle la chondrocalcinose, ou certaines formes de rhumatismes qui peuvent aboutir à une destruction cartilagineuse aboutissant à un résultat comparable à de l'arthrose. On parle dans ces cas de séquelles d'arthrites inflammatoire, rhumatoide ou non, voir quelques fois de sequélles d'arthrites infectieuses.

Au début, elle est la cause de douleurs et de perte de force lors de l’usage de la main. Avec le temps, l’évolution se fait vers la déformation et à la raideur du poignet.

Lorsque l'on parle d'arthrose du poignet, trois compartiments peuvent être touchés, isolément ou simultanéement.
Le compartiment radio-carpien, entre le radius et la première rangée des os du carpe, le compartiment médio-carpien, entre les deux rangées des os du carpe, et le compartiment radio-ulnaire distal, entre l'extrémité distale du radius et du cubitus.



Radiologie/ Anatomie du poignet

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R = Radius
C = Cubitus
S= Scaphoide
L = Semi-lunaire
T=Triquetrum
Pi= Pisiforme
G= Grand Os
T= Trapèze
t= Trapézoide
PY= Pyramidal
M1 à M5 = Métacarpien 1 à 5

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Exemple de radiographie du poignet ( avec Fracture du Scaphoide)


Comment peut-on la traiter ?

Au stade initial, le médecin peut soit prescrire un médicament anti-inflammatoire à prendre par la bouche, soit l’administrer sous forme d’injection locale. On peut également avoir recours au port d’une attelle de protection réalisée sur mesure. Cet appareillage stabilise le poignet et empêche le mouvement de l’articulation malade. Elle peut être portée aussi bien la nuit que pour certains travaux manuels.

Ces deux traitements peuvent être combinés et amener un soulagement plus ou moins complet.

La chirurgie est l’alternative au traitement conservateur. Celle-ci est indiquée si l’immobilisation ou le traitement anti-inflammatoire sont devenus insuffisants, et lorsque la gène fonctionnelle est importante. Lorsque l'arthrose est avancée et qu'elle devient douloureuse, seul le traitement chirurgical se révèle efficace.



Comment l’opération se déroule-t-elle ?

L’intervention est le plus souvent suivie d’un oedème et parfois de douleurs durant les premiers jours post-opératoires. C’est la raison pour laquelle il est préférable de la pratiquer en milieu hospitalier. Ceci permet une surélévation permanente du membre supérieur et l’administration de médicaments contre la douleur à la demande.

En ce qui concerne l’anesthésie, elle est habituellement limitée au bras (bloc axillaire). L’intervention peut également se dérouler sous anesthésie générale après entente avec l’anesthésiste.

Le jour de l’intervention, en salle d’opération, le patient est d’abord installé dans un lit où l’anesthésiste endort son bras. Il est ensuite installé sur la table d’opération. En cas d’anesthésie générale, l'anesthésie se fait directement au bloc opératoire.

Le bras est allongé sur une planche (guitare) et un garrot pneumatique est placé au bras. Le chirurgien désinfecte le membre supérieur et installe les champs opératoires. Enfin, le garrot pneumatique est gonflé pour la durée de l’intervention qui est de 1h30 environ.

Le geste chirurgical est adapté en fonction de la technique choisie.

- Si on opte pour la résection de la première rangée du carpe, le chirurgien excise trois petits os : le scaphoide, le semi-lunaire et le triquetrum, permettant au grand os de s'articuler avec la glène radiale directement sans conflit. Les suites post-opératoire nécessittent une immobilisation platrée lâche, pour un mois, puis de la rééducation et souvent beaucoup de patience, le temps de laisser le poignet se réadapter . Il faut compter de 6 mois à 1 an, pour pouvoir reprendre ses activités habituelles, avec toutefois une perte de force globale qui peut atteindre 50 %, et une diminution souvent trés modérée des amplitudes articulaires.

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Principe de la Résection de la première rangée du carpe


- Si on opte pour une arthrodèse partielle, on réalise en générale l'excision du scaphoide avant de réaliser un blocage dit des quatre coins entre le Grand-Os, le triquetrum, le semi-lunaire et le pyramidal. Il existe également d'autre variante avec notamment une excision du scaphoide et du triquetrum, associée à une arthrodèse entre le semi-lunaire et le grand os.
Ici les surfaces de l’articulation atteinte sont avivées puis les deux pièces osseuses sont stabilisées par différents moyens (broches, agrafes, vis et ou plaque circulaire).Les suites de soins nécessittent souvent une immobilisation de 3 sem à un mois par une manchette platrée ou en résine, puis de la rééducation ( auto-rééducation ou chez un masseur kinésithérapeute). Dans ce cas, il faut compter plutôt entre 3 mois et 6 mois pour reprendre ses activités habituelles, la perte de force est en générale modérée, par contre les amplitudes articulaires sont souvent diminuées de 50 %.


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Arthrodèse dit des 4 coins à gauche, et luno-grand os à droite

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- On peut également avoir recours à la mise en place d’une prothèse. La prothèse posée actuellement par l'équipe est une prothèse totale radio-carpienne. La prothèse totale se compose de 2 pièces articulées, l’une fixée dans le radius, et l'autre dans le carpe aprés une recoupe transversale.

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Prothèse totale de poignet.


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-Enfin une dernière possibilité, est celle de bloquer complètement et définitivement le poignet en réalisant une arthrodèse radio-carpienne totale.

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Arthrodèse Totale du poignet


En quoi consistent les soins post-opératoires immédiats?

Aprés l'intervention, la main est maintenue en surélévation durant quelques heures. Le surlendemain, le pansement est refait et le drain enlevé. Si la main est désenflée, celle-ci est immobilisée dans une manchette plâtrée prenant l’avant-bras et la main avec laquelle le patient peut regagner son domicile, si l'indication d'une immobilisation est nécessaire.

Les fils de la peau sont actuellement le plus souvent résorbable, et ne nécessittent plus d'ablation particulière.




Quels sont les risques de l’intervention ?

En incisant la peau, il existe un risque que le chirurgien blesse accidentellement un rameau sensitif. Une telle lésion peut engendrer des douleurs parfois durables.

Il existe également des risques d'hématome, d'infection pour lesquels au moindre signe d'alerte, un avis chirurgical reste nécessaire pour une prise en charge spécifique et rapide.

Si la technique choisie est l’arthrodèse (blocage articulaire), il existe un risque de non consolidation (pseudarthrose).

En cas de mise en place d’une prothèse, il existe, comme pour tout type de prothèses, un risque de luxation, d’usure de la prothèse et de résorption osseuse.

Relevons que ces complications, dans la majorité des cas sont découvertes sur les radiographies de contrôle. Elles ne sont pas forcément douloureuses et ne limitent habituellement la fonction du poignet.

Une réaction excessive de la main à l’intervention sous forme d’une tuméfaction douloureuse de la main et un enraidissement progressif du membre supérieur (algodystrophie, ou syndrome du Südeck) est rare, mais toujours possible.



Quel est le pronostic du traitement chirurgical ?



Quelle que soit la technique chirurgicale utilisée, le pronostic est favorable, En effet, dans la plupart des cas, l’intervention permet une disparition des douleurs et une amélioration de la fonction du poignet.

Enfin, si les prothèses ont l’avantage d'être efficace sur les douleurs, de maintenir à la fois la longueur du pouce, sa mobilité et sa force, leur durée de vie est limitée.


Rédigé par Dr Philippe PRADEL Nov 2008.