Le
Syndrome de compression du nerf Cubital au
Coude
Voir Vidéo : Libération Nerf
Ulnaire au Coude
De
quoi s’agit-il ?
Le syndrome du canal cubital désigne une compression du nerf
cubital (ou nerf ulnaire) au coude. Plus rarement, la compression
de ce nerf peut avoir lieu au poignet (canal de Guyon). Le nerf
cubital passe à la face postérieure du coude. Il est par conséquent
exposé à une compression en cas de choc, d’appui prolongé ou de
mouvements répétés de flexion du coude.
Le nerf Cubital
Au début, le patient note l’apparition de fourmillements dans
l’auriculaire. Tardivement, on observe une diminution de la
sensibilité de ce doigt. Il existe alors également une perte de
force de la main associée une fonte de la musculature donnant à la
main un aspect atrophique (amaigri).
Paresthésies (fourmillements) dans le 5éme et 4 éme doigts
Un examen complémentaire (ENMG) permet de préciser le lieu et
l’importance de la compression.
Comment
peut-on le traiter ?
Lorsqu’il s’agit d’un traumatisme récent, le nerf peut être mis au
repos en évitant l’appui ou la flexion du coude. La prise
d’anti-inflammatoires par la bouche ou en application locale peut
favoriser la guérison. La mise au repos du nerf dans une attelle
maintenant le coude en extension peut également être utile.
L’attitude est la même en cas de compression du nerf au
poignet.
Dans les cas anciens, ou ceux n’ayant pas cédé après 6 mois de
traitement conservateur, une intervention chirurgicale est
proposée.
Comment
l’opération se déroule-t-elle ?
Selon les possibilités d’aide à domicile du patient, l’intervention
se déroule soit ambulatoirement, soit au cours d'une
hospitalisation de 24 à 48 h.
En outre, d’entente avec l’anesthésiste, l’opération a lieu soit en
anesthésie logo-régionale (anesthésie du bras), soit sous
anesthésie générale.
Si le patient est ambulatoire, le jour de l’intervention, celui-ci
est accueilli à la salle d’opération par un aide qui prépare son
bras (poils rasés, ongles coupés, peau nettoyée). Il est ensuite
installé dans un lit où l’anesthésiste endort le membre supérieur
(bloc axillaire).
Puis, le patient installé sur la table d’opération. C’est là qu’il
est endormi si une anesthésie générale a été choisie. Le bras est
installé sur une planche (guitare) et un garrot pneumatique est
installé au bras. Celui est désinfecté par le chirurgien et les
champs opératoires mis en place.
L’incision cutanée est pratiquée sur la face interne du coude. Le
nerf est mis en évidence et, suivant son apparence et l’état des
tissus environnants, simplement libéré (neurolyse) ou transféré
dans en avant du coude (transposition). La peau est ensuite refermé
sur un drain le plus souvent. La durée opératoire est d’une heure à
une heure trente environ, selon la technique utilisée.
Décompression du Nerf Ulnaire au Coude
Le coude est alors immobilisé dans un pansement rembourré. Seuls
l’épaule et les doigts restent libres.
En
quoi consistent les soins post-opératoires
?
Après l’intervention, le patient installé dans un lit à la salle de
réveil où l’infirmière anesthésiste veille à son bien-être. Si
durant les deux heures de surveillance, tout se déroule
normalement, celui-ci peut regagner son domicile avec une
prescription, un certificat médical un rendez-vous ainsi que les
recommandations d’usage.
De manière à éviter l’irritation du nerf, en fonction de la
technique utilisée, le coude est immobilisé entre 10 et 20 jours.
En revanche, durant cette période, le patient doit mobiliser
régulièrement ses doigts ainsi que son épaule afin d’éviter leur
enraidissement.
Les fils sont enlevés vers le 10ème jour. Après l’ablation du
plâtre, le patient commence lui-même les exercices quotidiens
d’assouplissement du coude. En cas de difficulté (douleurs,
raideur), une rééducation dirigée lui sera prescrite.
Quels
sont les risques de l’intervention ?
La libération d’un nerf comporte certains risques caractéristiques
de ce type de chirurgie. Au cours de l’opération, si le nerf se
trouve dans une localisation inattendue ou s’il se trouve englobé
dans un tissu cicatriciel, le chirurgien peut le blesser
accidentellement. Même réparé, celui-ci peut alors laisser des
séquelles sous forme de douleurs, de troubles de la sensibilité ou
une certaine faiblesse de la main.
Après l’intervention, dans quelques cas, on peut observer des
complications que l’on rencontre dans tout geste chirurgical
(hématome, infection).
Enfin, à distance de l’opération, une réaction particulière du
membre supérieur peut se manifester sous la forme d’une tuméfaction
douloureuse avec tendance à l’enraidissement de la main et de
l’épaule (algodystrophie, syndrome de Südeck).
Quel
est le pronostic de ce traitement ?
Lorsque les lésions pré-opératoires sont récentes, sans perte de
sensibilité ni de force, la récupération fonctionnelle est
habituellement rapide et complète. En revanche, lorsqu’on avait
affaire à une compression de longue date avec perte de la
sensibilité de l’auriculaire associée à une faiblesse de la main
avant l’intervention, la récupération peut être lente et
incomplète.