De quoi s’agit-il ?
Le syndrome du canal carpien (ou tunnel carpien) est une compression du nerf médian sous le ligament annulaire palmaire du carpe.

Anatomie du Canal
Carpien
Le syndrome du canal carpien se
manifeste par des fourmillements ou un engourdissement matinal des
3 premiers doigts (pouce, index et médius). Si le phénomène
s’accentue, il peut vous réveiller la nuit, mais disparaître la
journée.
Dans les cas les plus avancés, on observe une diminution et même
une disparition de la sensibilité, accompagnée de maladresses. De
plus, certains muscles du pouce s’atrophient, ce qui se traduit par
une faiblesse de la main.
Le diagnostic peut être confirmé par un examen complémentaire
(ENMG) permettant de préciser le niveau et l’importance de la
compression.
Comment peut-on
le traiter ?
Au début, le traitement peut être conservateur. Le poignet est
alors immobilisé sur une attelle que le patient porte
essentiellement pendant les périodes critiques (la nuit), mais
celle-ci peut également être utilisée pour certains travaux
manuels.
L’injection d’une solution anti-inflammatoire (cortisone) dans le
canal carpien peut entraîner un soulagement durable de quelques
semaines, ou de quelques mois.
L’intervention chirurgicale est conseillée si le syndrome ne répond
pas ou ne répond plus au traitement conservateur. Il en est de même
si les plaintes du patient, l’examen clinique et l’ENMG confirment
la présence d’une compression sévère ou de longue date.
Comment l’opération se déroule-t-elle ?
Sauf exception, l’intervention se déroule ambulatoirement.
A son arrivée en salle d’opération, la main du patient est préparée
par un aide (poils rasés, ongles coupés, peau nettoyée). On vous
installe ensuite sur la table d’opération et un garrot pneumatique
est placé au bras.
Dans la technique classique, l’anesthésiste endort le bras . Le
chirurgien désinfecte ensuite le membre supérieur puis installe le
champ opératoire. La main est allongée sur une planche (guitare) et
la main fixée sur un support.
Après s’être assuré que l’anesthésie est efficace, le chirurgien
incise la peau. Le ligament annulaire est repéré et sectionné à son
tour. Le nerf médian peut alors être examiné et libéré (neurolyse).
Une reconstruction du ligament annulaire est réalisée si
nécessaire. Enfin, la peau est suturée sur un drain.
L'intervention dure entre 20 et 30 minutes.
Tous les chirurgiens de cette équipe utilisent cette technique, en
raison de sa sécurité et de sa fiabilité.

Ouverture du Ligament Annulaire du
Carpe
Si le chirurgien vous a proposé une
libération du canal carpien par endoscopie, cette technique se
déroule habituellement également sous anesthésie
loco-régionale.
Une fois la main désinfectée et le champ opératoire installé, le
chirurgien réalise une petite incision au pli de flexion du
poignet. Il y introduit une canule dans le canal carpien. Par une
fente de la partie supérieure de la canule, le ligament annulaire
peut être à la fois observé par l’endoscope et incisé au moyen
d’une lame spéciale.
Après l’intervention, la main est placée dans un pansement
rembourré immobilisant le poignet , laissant libre les
doigts.

Immobilisation Type
Post-Opératoire
En quoi consistent les
soins post-opératoires ?
Le patient est ensuite installé dans un lit en salle de réveil
durant une heure ou deux où l’infirmière anesthésiste s’assure de
son bien-être.
Si tout se déroule normalement, celui-ci est libéré avec un
rendez-vous, un certificat médical, une prescription ainsi que les
recommandations d’usage.
Dans l’intervalle, Le patient est encouragé à mobiliser ses doigts
pour éviter leur enraidissement.
Le patient est revu souvent pas son médecin traitant quinze jours
après l'intervention pour le premier pansement. Lors de cette
consultation, sauf contre-indication. Le patient est alors
encouragé à reprendre une mobilisation du poignet.
Les fils de suture cutanée sont retirés au 15ème jour environ sauf
si un fil résorbable a été utilisé. En principe, dès le lendemain,
le patient est autorisé à baigner sa main.
Quels sont les
risques de l’intervention ?
La cure chirurgicale de tunnel carpien implique essentiellement des
risques liés à toute chirurgie des nerfs périphériques. Au moment
de l’opération, le chirurgien, même entraîné, est susceptible de
blesser involontairement le nerf médian. Celui-ci peut en effet
suivre un trajet inattendu ou être pris dans un tissu cicatriciel
rendant l’intervention délicate. Même réparée, une telle lésion
peut alors laisser des douleurs, des troubles de la sensibilité des
doigts ou une faiblesse du pouce.
Après l’opération, en dehors des risques liés à toute intervention
(hématome, infection), on peut observer, transitoirement, des
troubles sensitifs (diminution de la sensibilité, décharge
électrique) en relation avec une irritation du nerf.
La cicatrice cutanée peut parfois rester inflammatoire et sensible
durant quelques semaines.
Enfin, dans un petit nombre de cas, l’organisme peut réagir d’une
manière exagérée au geste chirurgical et développer une tuméfaction
douloureuse pouvant toucher tout le membre supérieur et entraîner
une raideur de la main et de l’épaule (algoneurodystrophie ou
syndrome de Südeck).
Quel est le
pronostic du traitement chirurgical ?
Pour autant qu’il n’y ait pas de complications au moment de
l’intervention, ou après celle-ci, et que vous ayez suivi
scrupuleusement les indications de votre chirurgien après
l’opération, le pronostic est des plus favorable.
Dans les cas récents, n’ayant présenté ni troubles sensitifs ni
moteurs permanents avant l’intervention, la récupération
fonctionnelle de la main pour l’usage quotidien est obtenue en 4 à
6 semaines. Il faut cependant 4 à 6 mois pour retrouver toute sa
force. Dans les STC avancés, sujets à une perte de sensibilité et à
une faiblesse du pouce pré-opératoire, le pronostic est plus
réservé, la récupération étant lente et parfois incomplète.
Schémas par Dr Xavier de
Soras.
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