Historique

Grâce aux principes de suture vasculaire énoncés par Alexis Carrel au début du siècle dernier, ses contemporains, tels Hoepfner, ont démontré la possibilité expérimentale de réimplanter une patte d’animal comme celle d’un chien.
Les limites de l’époque étaient cependant liées à la taille des vaisseaux qui pour être visibles et suturables à l’œil nu devaient mesurer plus de 3 à 4 mm de diamètre.

En 1921, Nylen, un oto-rhino-laryngologue suédois, a eu l’idée de convertir un microscope de laboratoire en microscope opératoire.

Dans les années 1940, l’ophtalmologue Perritt préconiqe le grossisement optique pour la chirurgie de l’œil.
Si le matériel optique est alors relativement satisfaisant, le matériel de suture laisse à désirer. En effet, l’aiguille sertie sur le fil de soie demeure d’un calmibre encore trop important, entrainant des déchirures de la paroi à l’origine de fuites sanguines. En 1963, grâce à l’industrie japonaise implantée à San Francisco, on note l’apparition des premiers véritables microfils de suture sur le marché.
Parallèlement, les pincettes d’horloger fabriquées par Dumont à Genève ont été adoptées pour la manipulation des vaisseaux. Ainsi les pionniers de la microchirurgie tel l’Américain Buncke, grâce à des fils de 25 microns sertis sur des aiguilles de 75 microns, purent-ils réaliser des sutures de vaisseaux de 1 mm de diamètre ou moins.
En 1964, Malt effectue avec succés la première réimplantation de bras. L’année suivante, Tamai, réimplante un pouce. Parallèlement, Smith développe la microchirurgie, des nerfs périphériques. Grâce au grossissement optique, une meilleure suture avec approximation fasciculaire améliore le résultat des réparations nerveuses.

Dés la fin des années 60, les chirurgiens plasticiens ont recours à la microchirurgie pour la confection des lambeaux libres dont la pratique se développe alors de manière exponentielle. Concernant la main, en 1969, Cobbett réalise le premier transfert d’orteil pour la reconstruction d’un pouce…

Exemple de reconstruction du pouce par transfert partiel micro-anastomosé de gros orteil.

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Transfert partiel de la phalange terminale du gros orteil.

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Résultat à 6 mois.

Aujourd’hui la formation des techniques microchirurgicales s’effectuent dans le cadre d’un enseignement Universitaire spécifique. Une cinquantaine de chirurgiens sont qualifiés en microchirurgie par an en France, après une formation théorique et pratique d’une année en laboratoire. Le diplôme de Microchirurgie est nécessaire pour obtenir le Diplôme Inter-Universitaire de chirurgie de la Main.

En routine les services d’accueil des Urgences de la Main assurent quotidiennement la gestion des plaies artérielles et nerveuses de la main, mais également la gestion des amputations digitales.